Aucun texte national n'impose de mirador en battue, mais l'OFB recommande de les privilégier : un tir depuis la hauteur part vers le sol et s'y arrête plus vite. Avant d'en installer un, une société doit réunir trois choses : l'accord du propriétaire du terrain, la vérification des règles d'urbanisme auprès de la mairie, et une assurance qui couvre ses installations. Ensuite, le mirador se vérifie chaque saison.
Pourquoi un mirador en battue
Le danger principal d'un tir en battue, c'est la balle qui continue sa course. Un tir horizontal, à hauteur d'homme, peut porter loin si la balle manque l'animal ou le traverse. Un tir depuis un plancher surélevé est dirigé vers le sol. C'est ce qu'on appelle le tir fichant : la balle se fiche en terre à courte distance.
L'OFB l'écrit simplement : « l'utilisation de miradors de battue est à privilégier ». Il ajoute qu'ils limitent les déplacements des postés. Un chasseur sur un mirador ne bouge pas, il est visible, et sa zone de tir est claire pour lui comme pour ses voisins.
Le mirador ne remplace pas les autres règles. L'angle des 30 degrés vers les voisins, l'interdiction de tirer vers les routes et les chemins, l'identification certaine de l'animal s'appliquent aussi en hauteur. Voir notre guide sur l'angle des 30 degrés.
Avant de construire : les autorisations
L'accord du propriétaire
Chasser et construire sont deux choses différentes. L'article L. 422-1 du code de l'environnement dit que nul ne peut chasser sur la propriété d'autrui sans le consentement du propriétaire ou de ses ayants droit. Une société qui loue un droit de chasse, ou une ACCA à laquelle un terrain a été apporté, dispose du droit de chasse. Elle ne dispose pas pour autant du droit d'installer une construction fixe.
La règle pratique : pour chaque mirador, un accord du propriétaire, de préférence écrit, qui précise l'emplacement. Si la société loue le territoire, relisez le bail de chasse, qui peut prévoir les installations. En forêt publique, renseignez-vous auprès du gestionnaire, qui fixe en général ses conditions dans le contrat de location.
L'urbanisme
Un mirador est une construction. Le code de l'urbanisme dispense de toute formalité certaines constructions de très faible importance (article R. 421-2), et soumet les autres à déclaration préalable ou à permis. Les seuils d'emprise au sol et de hauteur, les secteurs protégés (sites classés, abords de monuments historiques) et le plan local d'urbanisme changent la réponse.
Nous ne pouvons pas trancher à votre place pour un modèle et un terrain donnés. Le bon réflexe est de poser la question au service urbanisme de la mairie, avec les dimensions du mirador et l'emplacement. La réponse vaut pour tous les miradors du même modèle sur la commune.
Les arbres
Ne fixez pas un mirador sur un arbre vivant, et ne le clouez pas dans un tronc. L'arbre bouge avec le vent, grossit, et l'installation finit par se déformer. Le propriétaire forestier peut aussi refuser qu'on blesse ses arbres.
Choisir l'emplacement
L'emplacement d'un mirador se pense avec la ligne entière. Il sera là pour des années.
| Question à se poser | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|
| Que voit-on depuis le plancher ? | Un secteur de tir réel une fois les angles de 30 degrés retirés |
| Où va la balle ? | Un sol meuble ou une butte derrière la zone de tir, pas de roche ni d'eau qui fait ricocher |
| Qu'y a-t-il dans l'axe ? | Aucune route, aucun chemin, aucune maison, aucune ligne électrique |
| Où sont les voisins ? | Une distance suffisante pour garder un secteur de tir de chaque côté |
| Comment y accède-t-on ? | Un accès sans traverser la traque, de jour comme à la tombée de la nuit |
| Comment les secours y arrivent-ils ? | Un numéro de poste reporté sur la carte et un point d'accès connu |
Dans le Lot, par exemple, le guide de la fédération mentionne les « postes surélevés » parmi les moyens de matérialiser les postes de tir. Vérifiez si votre SDGC parle des postes et de leur marquage.
La construction
Que la société achète un modèle ou que des bénévoles le construisent, quelques principes reviennent.
- La stabilité : quatre pieds écartés à la base, des contreventements en croix, un ancrage au sol adapté au terrain.
- L'échelle : des barreaux réguliers, solidement fixés, et une main courante. C'est souvent la partie la plus sollicitée.
- Le plancher : antidérapant, sans planche disjointe.
- La rambarde : sur tous les côtés, à une hauteur qui retient le chasseur sans gêner le tir.
- Le bois : le bois en contact avec le sol pourrit en premier. Un pied posé sur un support isolé du sol dure plus longtemps.
Un mirador couvert protège de la pluie et sert aussi à l'affût. Un mirador ouvert donne une meilleure vue sur la traque. La page postes et miradors compare les types de postes. Notre sélection est en préparation.
La vérification avant chaque saison
C'est le point que les sociétés oublient le plus. Un mirador monté il y a dix ans par des bénévoles n'a souvent plus de responsable. Désignez quelqu'un, et notez ce qui a été fait.
- Les pieds : pas de pourriture à la base, pas de jeu dans l'ancrage.
- L'échelle : chaque barreau tient le poids d'un adulte, la main courante ne bouge pas.
- Le plancher et la rambarde : aucune planche fendue ou molle.
- Les assemblages : vis et boulons en place, pas de rouille avancée sur le métal.
- L'environnement : une branche morte au-dessus du mirador, un arbre penché, une végétation qui a fermé le champ de tir.
Un mirador qui ne passe pas la vérification est condamné jusqu'à réparation, et le directeur de battue le sait. Une simple fiche par mirador, avec le numéro du poste, la date et le résultat, suffit.
La responsabilité et l'assurance
Si un mirador cède et qu'un chasseur se blesse, la question de la responsabilité se pose. En droit civil, celui qui a la garde d'une chose peut être tenu responsable du dommage qu'elle cause. Pour un mirador, ce peut être la société qui l'a installé ou qui l'utilise. Nous ne pouvons pas dire à l'avance comment un tribunal jugerait un cas précis.
Deux réflexes protègent la société :
- Vérifier que l'assurance de la société couvre ses installations, miradors et postes compris, et pas seulement l'organisation des battues. Posez la question par écrit à votre assureur.
- Garder la trace des vérifications. Une fiche datée montre que la société entretient ce qu'elle installe.
Pour les autres obligations de la société en battue, lisez notre guide sur la sécurité en battue.